Joyau du déni

1972 fut l’année où les AA ont changé la vie de ma famille. Je crois que notre dernier co-fondateur venait de rejoindre la grande réunion dans le ciel un an plus tôt. J’avais 6 ans, ma mère Jewel était serveuse et mon beau-père Peter était chef cuisinier quand ils se sont rencontrés, tous deux plongés dans la béatitude dysfonctionnelle connue sous le nom d’alcoolisme. À cette époque, j’étais l’un des 4 enfants d’un foyer élevé par 2 alcooliques graves bien intentionnés. Mon beau-père était divorcé avec une ex-femme et 3 adolescents, et vivait seul quand il a rencontré une belle jeune mère célibataire, moi-même, et 6 ans plus tard, il hérita d’une autre famille de 5 personnes. Il se passait beaucoup de choses dans ce petit appartement : 2 adultes travaillant à temps plein, un alcoolisme actif et bruyant et 4 petits à charge. Un jour fatidique, une voisine inquiète fut témoin de négligence et contacta les Services de protection de l’enfance. Nous avons été placés en familles d’accueil et ma mère fut dirigée vers les AA, si elle et mon beau-père voulaient conserver la garde. Elle l’a fait, et ainsi commence le voyage des AA dans la famille pour les années à venir. Quant à moi, à 19 ans, quand j’ai franchi pour la première fois les portes des AA, j’avais dû toucher le fond de l’alcoolisme. Il me semblait que la seule issue serait de faire le sacrifice ultime. Heureusement pour moi et d’autres membres de ma famille, je n’ai pas eu à le faire grâce au miracle divin qu’est les Alcooliques Anonymes. Je suis assis ici à ce bureau, membre des AA depuis 1985 avec 25 ans de sobriété continue, n’ayant pris que 2 boissons alcoolisées en 40 ans et aucune drogue depuis ce début, et je peux dire que notre famille a eu le genre de vie dont je pourrais écrire un livre. Si notre mère Jewel était restée dans le déni et n’avait pas eu l’opportunité de sauver sa vie, la vie de ses 4 enfants, de son mari et d’aider les autres à voir la Grâce de Dieu en action. IL œuvre certainement de façon mystérieuse !